1999

Vendanges 1999



Quels qualificatifs trouver pour décrire la perfection des raisins qui ont défilé sur notre table de tri en 1999 ! On a déjà vu plusieurs fois du superbe raisin au cours de la dernière décennie, mais celui de 1999 l'emporte peut-être sur tous en finesse de forme et en maturité. On a vu beaucoup de petites grappes, des baies millerandées et, signe de grande année, les ceps les plus vieux, en général peu fructifères, ont donné cette année une récolte généreuse de raisins de très grande finesse, exemples somptueux du Pinot Noir le plus fin.



C'est si plein, si riche, l'histoire d'un millésime qu'il n'est pas facile d'en déterminer les éléments les plus marquants, ceux qui ont décidé du cours des choses. Une fois de plus, le scénario est déroutant : qui aurait pu dire au printemps, quand il pleuvait tous les jours, que le mildiou menaçait et que l'herbe poussait dans les vignes sans qu'on puisse y entrer pour labourer, que le 20 septembre, c'est-à-dire très tôt en saison, on vendangerait des raisins qui seraient parmi les plus beaux du siècle ? !



Or, ce sont justement ces précipitations exceptionnelles du printemps qui ont permis à la vigne, grâce aux réserves d'eau qu'elle a alors constituées, de franchir sans souffrir la période sèche et très chaude que nous avons connue en Bourgogne du 15 août au 20 septembre. Cet équilibre hydrique a permis au feuillage de fonctionner pleinement dans son rôle de fabricant de sucre et les raisins ont complètement et harmonieusement mûri. On a vu cette année la conjonction quasi miraculeuse de hautes teneurs en sucre, de bonnes acidités (phénomène de concentration dans la baie) et d'un état sanitaire plus que parfait. Il faut souligner combien la conjonction de ces trois éléments dans la même récolte est tout à fait exceptionnelle et qu'on ne la rencontre que très rarement.



Autre phénomène exceptionnel : les grumes les plus exposées au soleil avaient « rôti » et contenaient du sucre concentré qui s'est livré seulement au cours des fermentations. Toutes les cuves ont connu de ce fait une sorte d'enrichissement naturel progressif, terminant à des degrés encore plus élevés que ceux, déjà élevés, qui avaient été constatés en début de fermentation !



De plus, quoique l'état sanitaire de la totalité des grappes fût parfait, nous avons mis en place une vendange plus sélective que jamais, laissant de côté pour un second passage les ceps plus chargés ou les jeunes plants récemment repiqués.



Un seul regret : le beau temps nous a abandonnés après quelques jours de vendanges et la pluie en a gêné la deuxième partie, mais ces pluies sont tombées la nuit surtout, ce qui nous a permis de vendanger normalement pendant la journée, et elles sont arrivées trop tard pour créer une dilution sensible.



Quant à la quantité, elle n'est pas en reste : une belle sortie de raisins et des conditions favorables au cours de la floraison nous ont donné une récolte de l'ordre de celles que nous avons faites en 1990 ou 1996.



C'est donc un millésime de très haute lignée qui semble se préparer dans les cuves. Les fermentations sont lentes, régulières, et atteignent naturellement de hautes températures, les robes sont grenat, presque noires : tout cela est typique des grandes années. Nous saurons dans quelques jours, après entonnage, si les vins tirés sont à la hauteur de la splendeur des raisins récoltés. Si c'est le cas, c'est en nous offrant un très grand millésime que la vigne aura voulu saluer la fin du millénaire.



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