1998

Vendanges 1998



En cette année où dans le monde entier les climats ont été secoués par des bouleversements météorologiques exceptionnels, la Bourgogne a eu son lot de malheurs : gelées et grêles se sont succédées au printemps, frappant parfois successivement les mêmes secteurs. La Côte de Nuits et notre Domaine en particulier ont été par bonheur épargnés par ces catastrophes, mais nous avons subi néanmoins pendant toute la période une alternance perpétuelle de froid et de chaud.



Suite à un hiver clément, le débourrement dès le début avril est précoce, mais une vague de froid arrive autour du 15 avril et provoque dans certains secteurs des gelées de printemps importantes. Pas de dégâts chez nous, mais ces basses températures provoquent néanmoins des phénomènes de coulure que l'on retrouvera plus tard sous forme de millerandage et donc de récolte diminuée.



Le mois de mai est beau et chaud, et les travaux dans les vignes, notamment l'ébourgeonnage, doivent être effectués très rapidement tant la pousse est rapide.



On voit les premières fleurs à partir de début juin. Mais une période de froid s'installe et la floraison s'étale finalement sur plusieurs semaines. On constate de la coulure, donc du millerandage, et c'est une récolte pendante de quantité très moyenne qui se présente.



La chaleur revient fin juin et la végétation se met à pousser de manière extrêmement rapide. Là encore, les travaux, notamment l'accolage, doivent être effectués si rapidement que les équipes arrivent à peine à suivre. C'est une situation que, de mémoire de vigneron, on n'avait jamais connue aussi tendue.



C'est en août que se manifeste l'un des facteurs qui va caractériser le millésime 1998 : une vague de chaleur tout à fait exceptionnelle (le thermomètre monte jusqu'à 43°! ) qui va à la fois faire du bien en hâtant la maturation du raisin - ce qui va être positif compte tenu de la fin de saison très humide et froide que nous avons connue tout de suite après les vendanges et qui aurait donc interdit de les retarder davantage - mais aussi du mal en créant un « stress » important dans certaines vignes, notamment dans les plus jeunes, et en provoquant partout de la « grillure » sur les parties exposées des raisins. C'est la première fois que nous constatons ce phénomène de « grillure » avec une telle ampleur. Ces grains grillés devront bien sûr être éliminés à la vendange.



Fin août la chaleur se calme et on espère un peu de pluie. Celle-ci arrive et la maturité s'accélère, mais les averses durent et le 15 septembre on est très inquiet, car la pourriture apparaît et la maturité est stoppée.



Et puis, juste au moment du point de rupture, par l'un de ces miracles dont le climat bourguignon est coutumier, le beau temps revient, mais c'est plus que du beau temps, ce sont des conditions exactement idéales : vent du nord, temps clair, pas trop chaud, tout ce qu'il faut pour arrêter le début de pourriture et surtout faire mûrir.



Nous commençons les vendanges le 19 septembre, sous le soleil, avec les jeunes plantes déjà très mûres. Voici l'ordre des vendanges :



- les 19 et 20, les jeunes vignes


- les 21 et 22, la Romanée-St-Vivant


- le 23, le Richebourg


- les 24 et 25, La Tâche


- le 26, la Romanée-Conti et les Grands-Echezeaux


- le 27, le Montrachet


- les 28 et 29, l'Echezeaux.



Toutes les vendanges se passent sous le beau temps ; seul l'avant-dernier jour, le samedi 26, est perturbé par la pluie. Nous terminons le dimanche 27 par un beau temps frais.



Jamais notre équipe de vendangeurs n'a mieux fonctionné : travail de « haute couture » encore une fois, à la vigne d'abord et surtout : c'est là que se fait le tri principal, ainsi bien sûr qu'à la table de tri qui « peaufine » le travail de la vigne pour éliminer le grillé, le pourri trouvé en plus grande quantité que prévu à l'intérieur des grappes, et éventuellement les quelques raisins moins mûrs.



Les degrés sont très satisfaisants : ils varient de 12°1 à 12°7 et les acidités sont bien meilleures qu'on ne le prédisait.



Les rendements varient de 20 à 27hl/ha suivant les crus.



En résumé, une année et des vendanges difficiles, mais le Domaine a su saisir les opportunités - rares - laissées par les conditions climatiques exceptionnelles et, même s'il est encore trop tôt pour se prononcer sur la qualité finale, nous sommes optimistes ; les décuvages viennent de commencer : les robes sont belles, les parfums envoûtants et il semble qu'on ait beaucoup de « fruit ».



1998 est un millésime où, une fois encore, la production de grands vins sera conditionnée par le contrôle des rendements à la vigne, le choix de la bonne date de cueillette et la qualité du tri de la vendange.



Pour accéder à la version Flash du site, vous devez télécharger Flash Player en cliquant sur l'image suivante :