1997

Vendanges 1997



1997 restera comme un millésime où les extrêmes - de froid, de chaleur, d'humidité - n'ont pas cessé de se côtoyer, un millésime qui a débuté dans l'angoisse et les difficultés, mais qui s'est terminé dans les sourires et l'euphorie, avec tous les atouts pour faire un vin d'exception.



Le débourrement fut très précoce, favorisé par un mois de mars exceptionnellement chaud. Mais en avril retour d'un froid intense, et des gelées vinrent freiner, et dans certains cas anéantir, la végétation vigoureuse qui s'était développée.


Mai et juin furent plus chauds, mais très pluvieux. La floraison débuta fin mai, mais contrairement à l'an dernier où elle fut extrêmement rapide, elle s'étala cette année pendant près de trois semaines, d'où une hétérogénéité d'évolution dans les baies que l'on retrouva jusqu'à la vendange, de la coulure (fleurs non fécondées) et du millerandage (petites baies). Nous savions déjà que les rendements seraient faibles.



Pendant ces trois mois, la pression du mildiou, toujours présent, fut l'une des plus fortes de ces dernières années. Fidèles à nos traitements biologiques, nous fûmes obligés à des passages répétés et à une vigilance de tous les instants.



Néanmoins, la grande précocité du débourrement laissait toujours son empreinte et la véraison commença dès fin juillet, avec une bonne dizaine de jours d'avance sur l'an dernier.



Le mois d'août fut un mois de canicule intense qui hâta d'abord le mûrissement des raisins puis, comme cela se produit souvent quand la vigne entre dans des conditions climatiques extrêmes qui la stressent, on observa un blocage dans le processus de végétation et de maturation.



Heureusement, une période de pluie survint à partir du 26 août et persista, entrecoupée de belles journées, jusqu'au 6 septembre. Ces pluies chaudes qui auraient pu être désastreuses, si elles s'étaient poursuivies quelques jours de plus, furent en fait extrêmement bénéfiques car elles débloquèrent le processus végétatif et firent entrer la vigne de manière idéale dans la période de grand beau temps sec et chaud, qui, à partir de septembre, se poursuivit dans interruption jusqu'aux vendanges, pendant les vendanges, et longtemps après les vendanges.



Stimulé par ces conditions de rêve, le raisin se mit à mûrir de façon très rapide, extrêmement rapide en fait puisque, du 10 au 15 septembre par exemple, on vit une élévation moyenne de 1°5 ! Cette élévation vertigineuse du niveau des sucres ne s'accompagna pas, comme on aurait pu le craindre d'une baisse des acidités qui, au contraire, ne cessèrent pas de se raffermir : résultat d'un phénomène de concentration des sucres et des acidités dû au soleil et, cette fois, au vent du Sud, porteur de chaleur (c'était le vent du Nord « forgeur » d'acidité qui avait « fabriqué » les 1996).



Sous cet anticyclone persistant, il n'était pas facile de décider de la date de vendange. Nous avons attendu comme à l'habitude au maximum, compte tenu des teneurs en sucre et en acidité. Les vendanges des vins rouges débutèrent le 16 septembre et s'achevèrent le 23 avec la vendange de la Romanée-Conti sans que nous ayons jamais vu un nuage. Il faisait si chaud que les deux derniers jours, nous ne vendangeâmes que le matin.



Les raisins sont peut-être les plus parfaits que nous ayons ramassés ces dernières années, de véritables bijoux où l'on trouvait le « cuit et le rôti » des très grandes années et des peaux d'un noir profond, que la lutte contre les conditions climatiques avaient rendu très épaisses. Puissent les vins atteindre le même niveau de perfection !



Il est encore trop tôt pour savoir de manière définitive si les 1997 seront de bons vins ou de très grands vins, mais les premiers décuvages montrent des vins colorés, très fruités, qui devraient être extrêmement séduisants.



Quant au Montrachet, il fut vendangé le 29 septembre seulement. Les Chardonnay en effet ont montré tout au long de l'année un retard d'évolution très net par rapport aux Pinots. L'excellent état sanitaire nous a permis d'attendre une maturation extrême - nous fûmes les tout derniers à vendanger - et ce sont des raisins avec des teneurs en sucre à 14°5 que nous avons pressurés. Nous attendons un grand Montrachet 1997.



Seule ombre au tableau : les petits rendements sont confirmés, c'est l'une des plus petites récoltes de ces dernières années - Inférieure à 1995 !



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